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Les dictées, les commentaires...
Toulouse, samedi 25 novembre 2006 Nostalgie toulousaine |
Cocagne – il n’existe aucun pays du nom de Cocagne ; cocagne est un nom commun féminin qui désigne l’abondance : pays de cocagne, vie de cocagne, mât de cocagne ; il provient de la coque du pastel qui fit la prospérité des commerçants toulousains ; pas de majuscule initiale, donc.
Campée – c’est Léontine qui est campée - installée de façon provisoire - ; donc ée.
Le pas de la porte – c’est le seuil de la porte, que l’on ne confondra pas avec le mot composé pas-de-porte qui désigne la somme que paie un commerçant pour obtenir la jouissance d’un local.
Toulousaine – maison des faubourgs de Toulouse souvent habitée par des maraîchers.
Quelque peu – quelque, signifiant "environ, à peu près", est adverbe - donc invariable - et s’écrit en un seul mot ; ici, quelque peu est une locution adverbiale.
Au bras – la rédaction « deux paniers de violettes au bras » implique que Léontine a les deux paniers au même bras ; cependant, on peut concevoir qu’elle en ait un à chaque bras et l’on admettra « aux bras ».
Quatre-vingt-sept – les nombres composés inférieurs à cent prennent des traits d’union ; "quatre-vingts" ne prend la marque du pluriel que dans les nombres cardinaux et à condition qu’il ne soit suivi d’aucun autre chiffre.
Patiemment – pour savoir si un adverbe prend un e, un a ou ea avant la terminaison -ment, il convient de se référer à l’adjectif féminin correspondant ; ici patiente, qui donnerait patientement, mué en patiemment.
La Saint-Valentin – Saint s’écrit avec une majuscule et se joint au nom qui suit par un trait d’union quand on veut désigner une fête, une église, un ordre, une rue, une ville…
Bien-aimée – qu’il soit adjectif ou nom, ce mot prend un trait d’union
Attelle – atteler se conjugue comme appeler ; toutefois, les rectifications de l’orthographe de 1990 permettent le recours à l’accent grave : attèle.
Charrette – tous les mots de la famille prennent deux r sauf chariot et ses dérivés, anomalie qu’a voulu supprimer la réforme de 1990 en systématisant deux r.
Camionnette – les diminutifs en -ette formés sur des mots se terminant en -on entraînent le doublement du n ; mais la règle n’est pas sans exceptions.
Dégénérescence – la double consonne sc, caractéristique de la formation des mots avec un suffixe en -cence, entraîne la suppression de l’accent sur le e qui précède.
Appauvrissement – lorsque le préfixe latin ad – qui marque le rapprochement ou l’adjonction – sert à former un mot français commençant par une consonne (ici pauvre), le redoublement de la lettre initiale est fréquent.
Bâtisseurs – l’accent circonflexe est un vestige des lettres disparues du francique bastjan, qui signifiait "construire".
Groseilliers – le yod étant rendu par eill, le i qui suit n’est pas utile ; d’ailleurs, il n’y en a pas dans billet, griller… ; ce i subsiste dans une dizaine de mots dont les plus connus sont quincaillier, joaillier et… groseillier ; la réforme de 1990 admet la suppression du i.
À vau-l’eau – cette locution adverbiale, qui signifiait à l’origine "au gré du courant", est aujourd’hui, précédée du verbe aller, synonyme de péricliter.
Maraîchers – l’accent circonflexe est un vestige du s disparu du latin mariscus = marais.
Briqueteries – les mots dérivés de brique ne prennent qu’un seul t, sauf le diminutif briquette ; on peut prononcer briquèterie ; dans ce cas, la réforme de 1990 recommande le recours à l’accent grave.
Combatif – avec un seul t ; c’est une des exceptions les plus connues du français ; bien sûr, la réforme de 1990 a acté l’orthographe avec deux t.
Entrelacs – issu d’entrelacer, ce nom masculin s’écrit avec un s même au singulier ; il désigne un ensemble d’éléments courbes s’entrecroisant ou un ornement remplaçant les balustres pour remplir les appuis évidés des balcons et rampes d’escalier.
Balustres boursouflés – un balustre (n.m.) est un petit pilier qui, employé avec d’autres et assemblé avec eux par une tablette, forme un appui ou une clôture ; le genre masculin entraîne boursouflés ; cet adjectif constitue, avec son seul f, une autre exception fameuse du français ; bien sûr, la réforme de 1990 a acté l’orthographe avec deux f.
Se sont essayés – l’accord du participe passé d’un verbe occasionnellement pronominal se fait comme pour les verbes conjugués avec avoir ; ici, les héritiers ont essayé qui ? se, mis pour eux, masculin pluriel, d’où essayés.
Se sont laissé dépasser – lorsque laisser est suivi d’un verbe à l’infinitif, l’accord du participe passé pronominal se fait avec le sujet mais seulement s’il fait l’action ; ici, les héritiers subissent l’action mais ne la font pas ; la réforme de 1990 admet l’invariabilité de laissé suivi d’un infinitif.
Papé – c’était le mari de Léontine, laquelle lui donnait ce gentil surnom, d’où la majuscule ; toutefois, eu égard à la présence de l’article défini, on peut considérer papé comme un nom commun, avec une minuscule.
Reconnaîtrait – les lettres disparues du latin co(g)noscere = connaître, justifient l’accent circonflexe… que la réforme de 1990 a fait disparaître.
Phagocyté – du grec phagein = manger (cf. phage) et kutos = cellule ; au sens propre, phagocyter, c’est absorber par phagocytose ; au sens figuré, c’est neutraliser.
Urbanisme – il y a ici personnification du nom commun puisqu’il est précédé par fée ; la majuscule s’impose.
Lisier – ce mot, issu de Suisse romande, désigne un mélange d’urine et d’excréments des animaux destiné à l’épandage.
Perdigal – le perdigal est une perdrix d’eau qui fréquentait la vallée du Touch, affluent de la Garonne.
Garrabots – le garrabot, comme la gabarre plus connue, est un bateau à fond plat qui transportait le sable et le gravier extraits de la Garonne ; on remarquera les deux r.
Bateaux-lavoirs – les dictionnaires mettent un trait d’union et accordent les deux mots en nombre.
Halle aux grains – la logique voudrait qu’aucune majuscule ne soit employée et qu’on l’assimile à hôtel de ville, par exemple ; toutefois, l’édifice étant devenu monument, on acceptera une majuscule à Grains, voire à Halle.
Connaît – voir ci-dessus Reconnaîtrait.
Échalas – perche servant à soutenir un pied de vigne ; mot formé par le croisement de échelle et de l’ancien français charas, issu du latin caracum = pieu ; familièrement, personne grande et maigre, d’où le tour pléonastique de l’expression consacrée "grand échalas".
Vingt et un – les nombres inférieurs à cent réunis par et ne prennent pas de traits d’union ; toutefois, la réforme de 1990 les accepte.
Arrière-petit-fils – les noms composés désignant la parenté prennent le ou les traits d’union.
Auspices – nom masculin pluriel (d’où meilleurs), du latin avis = oiseau et spicere = examiner ; chez les Romains, présages qui se tiraient du vol, du chant ou de la façon de manger des oiseaux ; l’expression signifie aujourd’hui : "avec les meilleures chances de réussir".
Rutilant – du latin rutilare = briller d’un rouge ardent ; aujourd’hui, le mot désigne tout ce qui brille d’un vif éclat.
Aïeule – on n’oubliera pas le tréma sur le i de cette belle suite de voyelles.
Ingénument – on résistera à la tendance à écrire "ingénuement".
Fêter – l’accent circonflexe est un vestige du s du latin festum ; on retrouve ce dernier dans de nombreux mots de la famille (festival…).
Maldives – État insulaire de l’océan Indien constitué de 1 200 îles coralliennes.