Les dictées...

Toulouse, samedi 30 novembre 2002

Toulouse et les Albigeois

Au début du deuxième millénaire, Toulouse fut secouée par le schisme cathare comme un grand nombre de villes méridionales de France. Sous la houlette d'édiles convertis, la plupart des Toulousains adhérèrent à l'idéologie chrétienne dissidente. Celle-ci prônait, de façon drastique et manichéenne, un catholicisme aux mœurs radicalement purifiées. L'idéal d'absolu des adeptes était tel qu'ils s'autoproclamèrent "les parfaits".

L'extension du catharisme, çà et là de plus en plus véhémente, finit par préoccuper royauté et papauté. Elles n'apprécièrent pas qu'on vînt, en cette occurrence, contester leur autorité. L'hérésie fut combattue, la vindicte jetée sur les apostats. Mais rien n'y fit, pas plus les prédications des moines cisterciens que l'opiniâtreté inquisitoriale, pour ramener les hérétiques dans le giron ecclésiastique.

Après l'assassinat du légat du pape, celui-ci appela à la croisade. Qu'Innocent fût son nom pourrait prêter aux quolibets, aux lazzis, tant la punition n'eut rien de candide ou d'angélique, bien au contraire !

Le châtiment des infidèles fut sans pitié ; le saccage des villes rebelles d'une barbarie impitoyable ; les massacres aberrants, insensés ; les appropriations territoriales abusives. Béziers fut pillée, Carcassonne dévastée. Le comte de Toulouse se battit vaillamment au côté des seigneurs de la région languedocienne. En dépit de leur bravoure, ils s'inclinèrent devant les croisés, une première fois lors de la bataille de Muret, enfin à Toulouse même.

Le phénomène cathare s'éteignit à la fin du treizième siècle. C'est à cette époque que fut créée l'université de Toulouse. Sa mission : façonner des clercs instruits et compétents, susceptibles de concurrencer le clergé parisien.

Comment pourrait-on n'y déceler qu'une coïncidence ?

Henri Girard

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