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Toulouse, samedi 27 novembre 2004

Car il est mort le poète...


Pourquoi la brique rend-elle si radieuses les rues de Toulouse et ennoblit-elle tant la solennelle Ville rose ? Est-ce à cause de ces rais de soleil qui, les soirs d'été, embrasent les maisons de reflets indigo, carmin ou violacés ? Ou parce que d'ingénieux architectes ont su assembler ladite brique en balustres ventrus, en volutes déliées et en pilastres élancés ?

Pensive, je me suis plu, en arrivant à la gare de Matabiau, à suivre un instant les va-et-vient des voyageurs guidés par les haut-parleurs. Puis, la tête tout emplie de souvenirs, à demi rêveuse, j'entrepris mon pèlerinage vers un amour perdu.

D'abord, je me dirigeai vers le théâtre du Capitole où son père eut son heure de gloire. Je fus éblouie par cet édifice construit par ces capitouls qui gérèrent la ville durant quelque six siècles. Maintes fois réaménagée, la scène est un des hauts lieux du bel canto.

Ensuite, j'allai vers l'église Saint-Sernin, consacrée à l'évêque saint Saturnin, inhumé ici en grand secret après son martyre. D'abord abbatiale, Saint-Sernin fut élevée, au dix-neuvième siècle, au rang de basilique.

Puis, passé le canal du Midi, je pénétrai dans le quartier des Minimes qui le vit naître. Longtemps écarté de l'animation du centre ville, ce quartier a repris aujourd'hui ses couleurs originelles.

Enfin, juste après la place du Marché-aux-Cochons, j'arrivai au terme de ma visite express. Je sortis de mon sac une photo de lui au verso de laquelle j'avais écrit : « Comme Juliette, j'étais au balcon, et toi, de la rue, tu m'implorais de t'ouvrir. Je ne l'ai pas fait : tu étais vraiment trop soûl ! Maintenant, je le regrette. Marie-Christine. » Je glissai la photo derrière la plaque portant l'inscription : « Square Claude-Nougaro », et je regagnai la gare.


José Claveizolle

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