Les dictées, les commentaires...

Paris, samedi 16 novembre 2002

Le départ

Je quittais - il faut ici l'imparfait, l'action étant imparfaitement accomplie au moment des faits.

Sans regret - l'Académie a raison d'imposer le singulier dans cette expression : sans, c'est zéro, donc moins de un ; on peut du reste renforcer l'expression en écrivant : « sans aucun regret », au singulier, bien sûr ; le pluriel ne sera admis que si le mot qui suit sans ne peut pas être mis au singulier - ou n'a pas de singulier; ex. : une veste sans manches (parce qu'une veste a deux manches) ; sans aucuns frais

Étique - cet adjectif vient du grec hektikos (avec un tau et non un thêta) via le latin hecticus ; il signifiait à l'origine habituel ; aujourd'hui, se dit d'un être animé qui est d'une maigreur extrême ou d'une plante rabougrie qui a mal poussé ; on ne confondra pas étique et éthique = qui concerne la morale ; il s'agit là d'homophones, c'est-à-dire de mots qui se prononcent de la même façon.

Graminées - n. f. pl. ; du latin gramineus = engazonné ; importante famille de plantes comprenant les céréales, les herbes des prairies, des steppes et des savanes ; on dit aussi graminacées.

 Chlorophylle - n. f. ; du grec khlôros = vert, et phullon = feuille ; pigment vert des végétaux qui ne se forme qu'à la lumière ; on remarquera la transformation du khi grec en ch prononcé k, du phi grec en ph prononcé f, et de l'upsilon en y prononcé i.

Un âne - du latin asinus ; d'où l'accent circonflexe sur le a.

Brayait - imparfait de l'indicatif du verbe braire, qui se conjugue comme extraire ; il faut prononcer bréyè et non braillé, ce qui évite la confusion avec le verbe brailler ; l'âne brait et son cri est le braiment. Le verbe braire est un verbe défectif : il ne se conjugue qu'aux troisièmes personnes de certains temps.

Pathétiquement - vient du grec pathêtikos (avec un thêta et un tau) qui signifiait relatif à la passion ; pathétique se dit de ce qui émeut fortement.

Hypothétique - vient du grec hupotheticos et s'écrit donc normalement avec h, y, th… ; c'est ce qui n'est pas certain, qui repose sur une hypothèse.

Ambiguë - le tréma se met normalement sur le ; cependant, les rectifications de l'orthographe de 1990 admettent de le placer sur le u.

Baladait - le seul verbe qui existe, balader, ne prend qu'un seul l ; la famille comprend balade, baladeur, baladeuse, toujours avec un seul l ; baladin a une autre origine (latin balare = danser) ; la ballade est un poème de forme fixe ; en musique, c'est une pièce instrumentale ou vocale.

Griffon - c'est un chien d'arrêt, à poil long et rude au toucher ; il faut deux f, comme dans griffe.

Drôlement - tout les mots de la famille prennent un accent circonflexe sur le o, qui s'explique par la prononciation néerlandaise du mot : drol = lutin.

Attifé - de l'ancien français tifer = parer, orner ; attifer quelqu'un, c'est l'habiller ou le parer avec mauvais goût, d'une manière bizarre ; on notera la parenté avec le mot tif, du langage populaire.

Effrangé - la frange est une bande placée au bord d'une étoffe, garnie de fils retombants et servant à orner des vêtements, des tentures, des meubles ; effranger, c'est effiler sur les bords de façon à produire des franges ; le redoublement du f exclut l'accent sur le e initial.

Récollet - nom porté par certains religieux chez les augustins et chez les frères mineurs ; du latin recollectus = recueilli ; la récollection est une retraite de courte durée.

Emboîtai - emboîter, déboîter et tous les mots de la famille viennent de boîte, du latin buxida, d'où l'accent circonflexe sur le i ; ne pas confondre avec la famille du verbe boiter, qui vient de bot, sans accent ; à noter que le passé simple s'impose, car il s'agit d'un fait accompli pendant une action qui dure.

Ferronnerie - tous les mots composés sur fer prennent deux r devant une voyelle ; d'une manière générale, on devant un e entraîne un redoublement du n.

Encorbellement - c'est une construction établie en porte à faux sur le nu d'un mur et supportée par des consoles ou des corbeaux (ancien français corbel).

Ecclésiastique - du grec ekklèsiastikos, d'où les deux c ; membre du clergé.

Paterne - du latin paternus = paternel ; d'une bienveillance doucereuse.

Transformé - c'est le couvent qui est transformé en hospice.

Hospice - du latin hospitium = hospitalité ; établissement d'accueil des infirmes, des vieillards…

Quidam - mot latin signifiant un certain ; personne dont on ignore le nom.

Gare de l'Est - Est prend une majuscule à la fois pour qualifier un édifice unique et parce qu'il désigne une région de la France.

Parvis - jadis réservé aux édifices religieux, ce mot désigne maintenant la place située devant la façade de tout grand monument.

Hardes - n. f. pl. ; de l'arabe farda = habillement ; ensemble de vêtements usagés.

Faciès - aspect général du visage.

Gibbon - singe d'Asie grimpant avec agilité aux arbres grâce à ses longs bras.

Bayer aux corneilles - signifie : perdre son temps à regarder stupidement en l'air ; le verbe bayer est synonyme de béer ; il y a trois verbes homophones : bayer, pour béer ; bailler, pour donner ; et bâiller, pour ouvrir largement la bouche, sens qu'on trouve dans « bâiller sans retenue ».

Dépenaillée - vient de l'ancien français penaille = hardes ; se dit d'une personne vêtue de vêtements sordides et en lambeaux.

Synchroniser - du grec sugkhronos = en même temps.

Syncopé - du grec sugkopê = briser ; en musique, un rythme syncopé est caractérisé par un temps faible prolongé sur le temps fort suivant.

Ballade - voir ci-dessus, à baladait.

Folklorique - adjectif formé sur les mots anglais folk = peuple, et lore = science ; le folklore est l'ensemble des traditions, des usages, croyances, légendes, chansons et littératures populaires.

Des airs que j'avais déjà entendu jouer - participe passé suivi d'un infinitif ; l'accord ne se fait que si le complément d'objet direct, placé avant le participe, fait l'action exprimée par l'infinitif ; on écrirait : « Les femmes que j'avais entendues jouer » ; ici, ce ne sont pas les airs qui jouent, d'où invariabilité de entendu.

Brouhaha - n. m. onomatopéique ; bruit prolongé et confus provoqué par des personnes ou des choses.

Haut-parleurs - seul parleur prend la marque du pluriel ; ce ne sont pas des parleurs hauts mais des parleurs qui parlent haut ; haut est ici adverbe, donc invariable.

Ânonnaient - on retrouve l'accent circonflexe de âne et le redoublement du n de on.

Entrevoie - n. f. que l'Académie admet sous la forme entre-voie ; c'est l'espace compris entre deux voies de chemin de fer ; à noter que le Lexis donne ce substantif pour masculin, ce que nous ne pouvons pas admettre.

Faisceau - du latin fascellus ; réunion de choses unies dans le sens de la longueur.

Se sont succédé - succédé fait partie des quelque trois cents participes passés transitifs indirects qui ne s'accordent pas dans la forme pronominale ; si on lui cherchait un complément d'objet, il serait ici indirect : ils ont succédé à eux-mêmes.

Avant que le mien fût mis à quai - avant que appelle le subjonctif, après que, l'indicatif, car le subjonctif est le mode du doute, de l'hypothèse, l'indicatif, celui de la certitude, des actions concrètes ; pour déterminer le mode convenable, il faut revenir à l'état ou à l'action exprimée par le verbe de la principale, au moment où se passe l'action principale ; ici, au moment où les trains se sont succédé, le mien n'était pas encore à quai ; l'action était donc incertaine, d'où le subjonctif du verbe être, ici à l'imparfait, avec l'accent circonflexe sur le u.

Sépia - lorsque le mot désignant la couleur est un nom commun pris adjectivement et qu'on peut sous-entendre « couleur (sépia) », il reste invariable ; dans la liste des quatre-vingt-dix termes du genre, on trouve : abricot, cerise, châtaigne, citron, framboise, groseille, marron, noisette, olive, orange, pistache, prune et tomate.

Désuète - on peut prononcer dézuète ou dé-suète ; le son du second è est rendu par un accent grave, et non pas par un redoublement de la consonne qui suit ; se dit de ce qui n'est plus ou presque plus en usage.

Moleskine - vient de l'anglais moleskin = peau de taupe ; toile de coton fin, recouverte d'un enduit flexible et d'un vernis souple imitant le grain du cuir.

Bleu clair - les adjectifs de couleur sont invariables : 1° - lorsqu'ils sont plusieurs pour qualifier un seul substantif (ex. : des tons gris-bleu) ; 2° - lorsqu'ils sont suivis par un autre adjectif qui les modifie (ici : des sièges bleu clair) ; pour éviter la faute, il suffit de raisonner en pensant : « des sièges - ou une moleskine - d'un bleu clair ; l'adjectif de couleur (bleu) est pris substantivement ; il est donc en apposition et ne s'accorde pas. »

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