Les dictées, les commentaires...

Paris-Est, samedi 15 mai 2004

Cette dictée vaut bien un fromage, sans doute

Cette dictée vaut bien un fromage, sans doute – double clin d'œil à La Fontaine pour sa fable Le corbeau et le renard (« Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. ») et pour ses origines (La Fontaine est né à Château-Thierry – région S.N.C.F. de Paris-Est – en 1621) ; à noter aussi l'allusion à l'expression en faire un fromage = en faire toute une affaire.

Malaisé – les deux mots mal et aisé ont été accolés pour former l'adjectif malaisé = ardu, et l'adverbe malaisément.

Brie – ou bien on parle du fromage de (la région de la) Brie, et il faut alors une majuscule à Brie, ou bien on parle du brie, substantif formé sur le nom de la région et il ne faut pas de majuscule.

Pâte – chaque fromage n'a qu'une pâte, d'où le singulier ; pâte vient du latin pasta ; l'accent circonflexe est un vestige du s latin ; on ne confondra pas les homophones pâte et patte.

Moelleusemoelle vient du latin medulla ; presque tous les dictionnaires recommandent la prononciation moileuse ; le tréma sur le e a disparu depuis longtemps.

Croûte – l'accent circonflexe est un vestige du s du latin crusta, qu'on trouve encore dans croustillant ou dans crustacé ; la réforme de l'orthographe de 1990 admet croute sans accent.

Croûte fleurie – croûte qui présente des moisissures blanches sur toute sa surface, par opposition à la croûte lavée pour éviter la formation des moisissures externes (munster, livarot…).

Cru – des homophones cru (= non cuit), cru (= terroir), cru (= sans atténuation), cru (= p.p. de croire) et crû (= p.p. de croître), seul le dernier prend un accent circonflexe (masc. sing.)

Poids – si on s'en tient à l'origine communément admise (mais contestée par Jean Flamion) du latin pensum = chose pesée, ce mot n'aurait jamais dû avoir de d ; c'est sans doute par confusion avec ponderare (= peser) que le d s'est installé, dès le XIe s.

Proches – l'adjectif, qualifiant la circonférence et le poids, prend la marque du pluriel.

Savoir-faire – n. m. inv. ; s'écrit avec un trait d'union, comme savoir-vivre.

Fabricant c ou qu ? seuls s'écrivent par –quant les adjectifs et les substantifs tirés des verbes en –quer qui n'ont pas de dérivé en –cation (ex. : trafiquant) ; tous les autres s'écrivent en –cant : fabriquerfabricationfabricant.

Réputées – il s'agit des variétés : fém. plur.

Rouge vif – les adjectifs de couleur sont invariables quand ils sont réunis à plusieurs (une encre bleu-noir) et quand ils sont suivis d'un autre adjectif qui les modifie ; c'est ici le cas ; en fait, c'est l'équivalent de l'expression « d'un rouge vif »

Communément – l'adverbe s'obtient généralement en ajoutant –ment à l'adjectif féminin ; lorsque le e de cet adjectif est muet, il est presque toujours supprimé (vraiment).

Ancêtre – l'accent est le vestige des lettres manquantes du latin antecessor, déverbal de antecedere = marcher devant.

Toutefois – cet adverbe s'écrit en un seul mot, sans s après toute.

Histoire – pas de majuscule, quand bien même on parlerait de la "grande histoire".

Grâce – seul le substantif de base et son composé direct disgrâce ont un accent.

Goûtée – qualifie spécialité (fém.) ; l'accent circonflexe est un vestige du s du latin gustus = goût, s que l'on retrouve dans gustatif ; la réforme de 1990 admet gout sans accent.

Claironné – les verbes en –onner prennent deux n, sauf téléphoner, détoner (exploser), s'époumoner, dissoner et ramoner.

Mets – du latin missum = ce qui est mis sur la table ; le s évite les homographes.

Maints – l'Académie a entériné l'accord régulier de l'adjectif, après avoir soutenu que le pluriel ne se marquait que devant les noms qui n'existaient qu'au pluriel.

Se gobergèrent – ce verbe a un sens classique : se vanter ; et un sens familier : faire bonne chère, prendre ses aises.

Roi-Soleil – surnom de Louis XIV ; s'écrit avec deux majuscules et un trait d'union.

L'eut – après après que, c'est l'indicatif qui s'impose, la chose ayant eu lieu : pas d'accent.

Entrer – infinitif ou participe passé ? en cas de doute, recourir à un verbe d'un autre groupe, comme sortir.

Chariots – le r terminal de char est doublé dans tous les cas, sauf dans chariot et ses dérivés ; la réforme de 1990 admet charriot.

Gentilhommières – la prononciation mouillée du l vient sans doute de gentillesse.

Révolution – à défaut de précision, ce mot désigne en France la révolution de 1789 ; les noms d'événements se composent avec une capitale au mot caractéristique et à l'adjectif qui le précède éventuellement : les Trois Glorieuses, la journée des Dupes, la révolution d'Octobre.

Dithyrambique – le dithyrambe, du grec dithurambos, fut d'abord un chant en l'honneur de Dionysos, puis un poème lyrique enthousiaste, puis des louanges exagérées ; le th vient du thêta grec, l'y de l'upsilon grec.

Sans-culottes – n. m. inv. ; pas de majuscules, un trait d'union et un s final.

Indigent – pas de règle pour savoir s'il faut ent ou eant, sauf à se référer au nom exprimant la qualité, ici indigence.

Nanan – onomatopée enfantine à l'origine ; friandise, chose délicieuse, recherchée.

Prêché – l'accent circonflexe marque les lettres manquantes du latin praedicare = annoncer, dire avant, prédire.

Soupçonnât – après avant que, le subjonctif s'impose, la chose n'ayant pas eu lieu : l'accent circonflexe marque l'imparfait du subjonctif.

Congrès – pas de majuscule puisque l'événement est défini par un nom propre (Vienne) ; les noms qui se terminent en é avec un s au singulier offrent un accent grave au e : abcès, faciès…

Démêlés – du verbe mêler ; l'accent circonflexe est un vestige du latin misculare = mettre ensemble des choses diverses.

Fromages – le pluriel s'impose ; ce n'est pas la matière qui est dégustée, mais les produits.

Décidée – p.p. conjugué avec être ; accord avec le sujet dégustation, f. sing.

Plénipotentiaires – du latin plenus = plein, et potentia = puissance ; agent diplomatique muni des pleins pouvoirs.

Dépêchèrent – sens classique du verbe : envoyer quelqu'un rapidement auprès d'une personne ; vient d'empêcher, du latin impedicare = prendre au piège ; l'accent est un vestige des lettres disparues.

Leurs pays – l'usage est flottant quant au nombre de leur ; il nous semble que le mieux, lorsque le sens collectif ou distributif n'est pas évident, est de considérer ce que nous montre notre esprit : ici, il nous montre plusieurs pays ; mais cela est discutable.

Allâtafin que veut le subjonctif puisque l'action n'est pas accomplie ; ici, subj. imparfait.

Quérir – signifie aller chercher ; ne s'emploie qu'à l'infinitif ; s'écrit encore parfois querir.

Gouda, gorgonzola, cheddar – fromages de Hollande, d'Italie, d'Angleterre (et É.-U.A.)

Vainquit – passé simple du verbe vaincre.

Prince des fromages – il n'y a aucune raison de mettre des majuscules.

Chiquenaude – formé sur l'onomatopée tchikk, avec la finale de baguenaude ; mot valise de 1530 ; petit choc qui ébranle.

Pichenette – peut-être du provençal pichouneto ; même sens que chiquenaude.

Choir – ne s'emploie qu'à l'infinitif et au participe passé (chu) ; signifie tomber ; du latin cadere.

Croyez-vous – ne pas oublier le trait d'union, propre à la formule interrogative.

Coulommiers – fromage de la région de Coulommiers, ville de Seine-et-Marne.

Emmenthal – fromage de la vallée d'Emmenthal, dans le canton suisse de Berne ; attention, l'orthographe emmental est admise par certains dictionnaires.

Reblochon – vient de reblocher = traire une deuxième fois ; fromage fabriqué en Savoie.

Que nenni ! – expression adverbiale sur nenni = non, non pas.

Évidemment e ou a ? L'adjectif féminin, sur lequel se construit généralement l'adverbe en –ment, est évidente ; évidemment est la contraction de évidentement.

 

Les dictées