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Les dictées... Paris, samedi 19 octobre 2002 Célébrité chèrement acquise |
Dès le début de sa carrière, Zola eut maille à partir avec de soi-disant critiques, offusqués par le réalisme de ses premiers romans. Faut-il quil en souffrît pour quil écrivît à son ami Cézanne : " Sans orgueil comme sans humilité, je madressais à tous, ne voyant passer autour de moi ni supérieur ni inférieur. Dérision ! On me jeta à la figure des sarcasmes Je pliai la tête quelque temps, me demandant quel crime javais pu commettre..." !Mais il se reprit et entreprit son uvre illustre des Rougon-Macquart, grande fresque sociale, cruelle, sans fards ni vaine pudeur, dont lintrigue se situe sous le Second Empire.
Parmi la vingtaine de romans de cette saga dynastique, il faut citer " Le ventre de Paris ", où la vie dans les halles est décrite avec une rare précision. Puis " Lassommoir " qui, bien quil fît scandale par son sujet sur lalcoolisme et sur la liberté des murs, remporta un tel succès quil permit à son auteur dacheter pour neuf mille francs la maison de Médan. Pour " La bête humaine ", Zola, sans souci du quen-dira-t-on, fit le voyage de Paris à Mantes sur la plate-forme dune locomotive, vêtu de bleus, pour mieux simprégner de la vie cheminote.
Quels que furent les scandales qui émaillèrent sa vie, Zola dépeignit avec autant de discernement les murs de la bourgeoisie que celles du prolétariat. Ses personnages sont tour à tour coquins ou victimes. Le langage sépure des stéréotypes romantiques et senrichit de termes qui évoquent les choses telles quelles sont.
Quelque narratif ou intuitif que fût le génie de Zola, le travail du langage et lobservation de la nature et de lhumanité ont été les éléments sous-jacents qui ont contribué à la grandeur de son uvre. Une foule immense se rassembla lors de son inhumation au cimetière Montmartre, après une mort par asphyxie aujourdhui encore mal élucidée.
Laurence Foviau