![]() |
Les dictées... Paris, samedi 15 novembre 2003 à pied, s'il vous plaît ! |
Négligeant les Champs-Élysées, le théâtre de l'Opéra, les Grands Boulevards, la butte Montmartre et le Sacré-Cur, hauts lieux du tourisme parisien, évitant les effluves impurs du métro, nous partîmes à pied de la rive droite, en deçà du boulevard Bonne-Nouvelle, pour nous rendre au-delà de la Seine, dans ce sud de Paris dont on nous avait fait l'éloge dithyrambique.
Après avoir entraperçu un deux-mâts qui, allant sur son erre, s'apprêtait à accoster, nous arrivâmes vers treize heures au quartier Latin avec l'espoir de nous y restaurer à la bonne franquette. Fichtre ! La plupart des gargotes estudiantines de jadis ont désormais disparu au profit de "mangeoires" innommables. Les papetiers et les libraires ont aussi quitté les lieux au profit de commerces hétéroclites : vêtements et fripes, bijoux et brimborions, colifichets et fanfreluches. Heureusement, il subsiste, dans le labyrinthe biscornu des artères moyenâgeuses, quelques tronçons d'une enceinte des plus anciennes et beaucoup d'églises recelant des trésors architecturaux.
Tandis que nous progressions vers le sud-est, la Grande Mosquée nous offrit une atmosphère de dépaysement exceptionnel avec ses jardins pittoresques, ses mosaïques colorées, ses parois sculptées et ses moucharabiehs. Après de menues emplettes dans les souks, et l'immanquable thé à la menthe pris en plein air sous le doux ombrage d'une treille, nous nous dirigeâmes vers le Jardin des plantes, où les belles arrière-saisons créent une ambiance de calme raffiné incitant à la rêverie bienfaisante. À travers l'entrelacs chlorophyllien des plantes exotiques, nous pûmes apercevoir des contre-allées bordées d'azalées encore en bourgeons et des hêtres pourpres flamboyants ; mais l'époque n'étant pas favorable aux floraisons multicolores, nous nous promîmes de revenir au printemps suivant. Les chaussures empoussiérées, la gorge desséchée, un zeste de fatigue altérant la bonne humeur de notre groupe, nous nous précipitâmes au buffet de la gare d'Austerlitz pour nous y désaltérer.
Claude Koch