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Les dictées... Nantes, samedi 2 octobre 2004 Un coin de Bretagne |
Autrefois résidence des ducs, Nantes regorge de témoignages de son passé. Bien que les guerres aient laissé dans l'agglomération quelques stigmates, les édifices anciens ont conservé leur authenticité et parlent comme à livre ouvert de l'histoire turbulente de cette province. La cathédrale elle-même ne fut pas épargnée : le dernier incendie, en 1972, ravagea les voûtes du chœur ainsi que le transept. Des hôtels particuliers exhibent escaliers à balustres renflés, bas-reliefs et rondes-bosses sur des façades originales, parfois percées d'œils-de-bœuf.
L'Océan atteint, les stations balnéaires s'ébouriffent sur un croissant oblong de sable fin. Comme la plupart des villes de la côte, elles comportent un centre ancien souvent habité par les autochtones, et une partie neuve faite de villas somptueuses éparpillées dans les pinèdes.
Loin des mondanités, Le Croisic assoit son image de petit port de pêche qui aiguise la curiosité à l'heure où les bateaux s'amarrent aux quais. Dans la foule bigarrée qui s'y presse alors, j'ai entraperçu des dentellières coiffées des traditionnels bigoudens.
Entre la Côte d'Amour et les marécages de la Grande Brière, Guérande, ceinte de remparts du XVe siècle, doit sa réputation à l'industrie du sel dont l'origine remonte à l'époque gallo-romaine. Entourés de monumentales montagnes de sel blanc, les paludiers s'affairent à leurs tâches entre les bassins des marais salants.
Pour achever ma pérégrination bretonne, j'ai parcouru dans une barque les canaux de la Brière : j'ai eu l'impression de sillonner un monde quasi vierge que ne trouble aucun bruit importun, pas même celui des rameurs, les chalands étant propulsés au moyen de perches. Mi-aquatique, mi-terrestre, la Brière n'est pas encore, heureusement, atteinte par l'urbanisation, et les chaumières incrustent leur rusticité dans cet édénique écrin champêtre.
Pierre Piney