![]() |
Les dictées, les commentaires...
Nantes, 25 avril 2009 Le carnaval de Nantes |
carnaval et Carnaval –
carnaval est un nom commun ; son initiale est donc
minuscule ; deux exceptions : 1 — quand c’est un nom propre désignant le
personnage mythique promené dans les rues : « Le char de S.M. Carnaval » ; 2 –
quand ce mot est le nom principal d’un titre : c’est le cas ici, pour le titre
de la dictée.
dires – dans l’expression "aux dires de…", le nom masculin dire est toujours au
pluriel.
XVe siècle – les numéros des siècles s’écrivent en chiffres romains ; on ne
prendra cependant pas pour fautive l’écriture en long : quinzième ; rappelons
que l’abréviation des nombres ordinaux se fait avec un e mis en exposant, sauf
pour premier (1er), première (1re), second (2nd) et seconde (2de).
siècle – ce nom commun a une initiale minuscule ; de la même façon, les noms des
mois et des jours doivent commencer par une minuscule : le samedi 25 avril.
saturnales – nom commun féminin pluriel, donc avec une initiale minuscule ; dans
l’Antiquité romaine, les saturnales étaient les fêtes licencieuses célébrées au
solstice d’hiver en l’honneur de Saturne.
bacchanales – nom commun féminin pluriel, avec un h neutre ; vient de Bacchus,
dieu romain ; fêtes tournant à la débauche, à l’orgie.
fête – ce mot vient du latin populaire festa dies via l’ancien français
feste,
d’où l’accent circonflexe, remplaçant le s ; plusieurs mots dérivés témoignent
de cette ancienne orthographe : festival, festivité, festif, festoyer ; les
autres mots de la famille sans s nécessitent l’accent circonflexe : fêter,
fêtard.
fête des fous – qu’il soit nom ou adjectif, le mot "fou" a un pluriel normal
avec un s ; le pluriel en x est réservé aux sept mots bien connus : bijou,
caillou, chou, genou, hibou, joujou, pou.
le jour des Rois – il s’agit des Rois mages, d’où la majuscule.
carême-prenant – pluriel : des carêmes-prenants ; mot ancien (1180) désignant
les trois jours gras qui précèdent le carême. L’expression "à carême-prenant"
est à rapprocher d’autres expressions comme "à brûle-pourpoint, à tire-larigot,
de sang-froid, de plain-pied, dès potron-minet", toutes formées avec deux mots
séparés d’un trait d’union, toutes commençant par une préposition, et toutes
tombant en désuétude.
allègrement – adverbe, avec un accent grave qu’il faut prononcer comme dans
l’adjectif allègre ; ce mot s’est longtemps écrit "allégrement", avec un accent
aigu ; les rectifications de l’orthographe de 1990 recommandent judicieusement
l’accent grave.
rythme – du grec rhuthmos (avec deux h) via le latin rhythmus (avec deux h
aussi) ; le français moderne n’a conservé qu’un seul des deux h ; la lettre y
est la transposition de l’upsilon grec ; ici, le pluriel s’impose.
public – adjectif et nom, venant du latin publicus ; l’adjectif au féminin
s’écrit "publique".
mascarade – n.f., de l’italien mascarata, issu de maschera = masque ; au sens
originel, réunion ou défilé de personnes déguisées ou masquées.
cavalcade – n.f., du piémontais cavalcada = chevauchée.
Mardi gras – du latin populaire Martis dies (jour du dieu Mars) ; c’est le
dernier jour avant le carême ; c’est un nom propre qui prend une majuscule comme
"Noël".
oranges – pluriel puisque de nombreuses oranges seront lancées.
effrénées – féminin pluriel puisque ce sont les batailles qui sont effrénées ;
vient du latin frenum = frein, via effrenatus = qui n’a pas de frein.
confettis – ce mot italien a été francisé depuis longtemps ; il lui faut donc un
s final ; pas besoin d’accent sur le e, les deux t valant accentuation.
source d’accidents — les projectiles sont devenus "une" source (singulier) ; en
revanche, "accident" prend le pluriel, puisqu’ils ont été nombreux.
À partir – après avoir subi pendant des dizaines d’années des claviers
incomplets de machines à écrire, nos traitements de texte permettent depuis
presque un demi-siècle d’accentuer les capitales, comme il se doit.
1896 – les millésimes, qui sont des nombres ordinaux, s’écrivent toujours en
chiffres arabes, sans coupure ni point.
couronner – bien que venant du latin corona (avec un seul n), tous les mots de
la famille ont deux n : couronne, couronnement.
honneur – du latin honor ; le n unique ne se trouve que lorsqu’il est suivi d’un
o : honorer, honorable, honorifique...
bateaux-lavoirs – pluriel régulier ; trait d’union comme dans les autres mots
doubles avec "bateau" : bateau-mouche, bateau-pompe…
fâcheuse – du latin populaire fasticare = dégoûter ; l’accent circonflexe est un
vestige des lettres manquantes du latin ; on le retrouve dans les autres mots de
la famille : fâcher, fâcherie, fâcheusement.
chiffonner – "chiffonner quelqu’un", c’est le contrarier, le préoccuper ; on
remarque les deux doublements de consonnes, comme dans tous les mots de la
famille : chiffonnade, chiffonnage, chiffonnier.
trône — du grec thronos = siège, via le latin thronus ; l’accent circonflexe
est, ici encore, un vestige des lettres manquantes du latin ; il entraîne la
prononciation fermée du o.
Mi-Carême – ce nom propre, qui correspond à une fête religieuse, exige deux
majuscules, comme Noël ou Pâques.
œil – la ligature est obligatoire, comme dans les mots "cœur, nœud, œillet,
œuvre, rancœur" ; le groupe œ se prononce é (comme dans Œdipe) sauf s’il est
suivi d’un u ou d’un i, auquel cas il se prononce eu ; attention : d’autres mots
comportent un o suivi d’un e sans ligature ; on doit alors faire la diérèse :
coefficient, moelle…
concurrence – du latin concurrere (courir avec) ; d’où les deux r.
hauts en couleur – signifie : d’une couleur relevée, distinguée, accentuée ;
donc, "couleur" est au singulier.
exhibant – participe présent du verbe "exhiber", lequel vient du latin
exhibere
= produire un document en justice.
kyrielle – longue suite ininterrompue ; vient du grec via le latin ;
Kyrie eleison (Seigneur, aie pitié) est une invocation plusieurs fois répétée au cours
de la messe.
bigarrés – aux couleurs variées ; vient de l’ancien français garre, qui a le
même sens ; de la même famille, on a "bigarreau, bigarrure", mots qui prennent,
eux aussi, deux r.
drolatique – c’est le seul mot formé sur "drôle" qui n’a pas d’accent
circonflexe.
cuivres rutilants défilant tambour battant – on remarque ici un adjectif verbal
(rutilants), un participe présent invariable (défilant) et un autre adjectif
verbal (battant).
charivari – du grec karebaria = mal de tête, via le latin caribaria ; signifie,
ici, désordre.
dégingandées – de l’ancien français deshingander, qui signifie sortir de ses
gonds, et qui aurait été formé sur le néerlandais henge (gond) et sur le
français ginguer (sauter).
nonchalamment – pour savoir s’il faut un a ou un e dans les adverbes en
–(m)ment, il faut se référer à l’adjectif féminin correspondant (nonchalante) ;
d’où le a.
à la queue leu leu – expression ancienne (vers 1480) ; "leu" est la forme
ancienne de "loup" ; il ne faut pas de traits d’union.
solennel – vient du latin solemnis via le bas latin solennis, d’où les deux n ;
attention : le e précédant les deux n se prononce a.
avec ses majestés – Il faut "ses" et non "ces", car il s’agit des majestés du
char.
haut perchées – "haut" est ici un adverbe précisant l’intensité de l’adjectif
"perchées" ; il est donc invariable : les majestés sont perchées haut.
ingrédients – la dernière syllabe se prononce comme dans "gardian".
archiconnu – sans trait d’union, comme les autres mots construits avec le
préfixe "archi" : archipel, architecte, archiduc, archiprêtre.
à tous coups – l’usage veut le pluriel : l’auteur du texte aurait pu écrire :
"à tous les coups".
tout ébaubie – "tout" est ici adverbe précisant l’intensité d’un adjectif ; il
est donc invariable.
s’agglutine – le verbe "agglutiner" vient du latin agglutinare ; la lettre g est
doublée, comme dans agglomérer et aggraver.
bonhomie – contrairement au mot "bonhomme", "bonhomie" ne prend qu’un seul m ;
il faut y voir sans doute le fait que le doublement de la consomme de la
dernière syllabe des mots s’est fait plutôt devant un e muet que devant une
autre voyelle.
s’esclaffe – ce mot est venu, vers 1540, du provençal clafa = frapper
bruyamment.
à l’envi – cette locution adverbiale (sans e final) signifie "avec émulation" ;
le mot "envi" vient du latin invitare = provoquer, tandis que le nom féminin
"envie" (avec un e final) vient du latin invidere = jalouser, et
invidia =
jalousie.
carton-pâte – mélange de pâte à papier et de matières plastiques, susceptible
d’être moulé ; s’écrit avec un trait d’union comme les autres mots composés de
la même façon : carte-lettre, carton-feutre, carton-paille.
quelque – adverbe invariable signifiant "environ" ; ne pas confondre avec "quel
que" : « Quel que soit le travail », « Quelles que soient les raisons »...
cent mille – contrairement à "vingt" et "cent", "mille" est toujours invariable.
badaud, badaude – peut être nom ou adjectif ; la forme féminine est rare.
bon enfant – le Larousse indique « adjectif invariable » ; le Bordas accepte le
pluriel ; aucune difficulté pour choisir puisque le lecteur de la dictée fait la
liaison qui convient : bon-n-enfant – bons-z-enfants.
hétéroclite – adjectif issu du grec heteroklitos via le latin heteroclitus ;
qualifie ce qui est disparate, dépareillé.
grand-chose – "grand-chose" est ici adverbe, mais ce mot composé peut aussi être
utilisé comme nom invariable ou pronom indéfini ; on le trouve toujours dans une
phrase négative : « Il n’a pas grand-chose à dire », « C’est un
pas-grand-chose » ; le trait d’union est indispensable.