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Lyon, samedi 20 mai 2001

Les marionnettes

Les marionnettes ? Un authentique théâtre bien sympathique conçu pour les bambins et apprécié par leurs aînés.

Qu’y voit-on ? Un nombre restreint de personnages.

À tout seigneur, tout honneur : d’abord Guignol, le canut au cœur généreux, gai copain maintes fois assoiffé, toujours prêt à boire pot, susceptible de s’enthousiasmer sans façon, sans préjugés.

Madelon, sa moitié joufflue, plutôt ronchonneuse et rabat-joie.

Gnafron, raccommodeur de chaussures, joyeux drille, éternel inoccupé, plus souvent accoudé à un comptoir qu’œuvrant dans son échoppe, au mépris du qu’en-dira-t-on.

En outre, selon les contes, il y a un notable, un parent, un ami, de braves gens enclins à faire régner l’ordre dans le quartier sans avoir recours à la maréchaussée. Toutefois, l’une ou l’autre facétie peut être égayée par un inénarrable pandore écopant d’une bastonnade.

Beaucoup de contes, dont le canevas est dû à Laurent Mourguet, ont reçu l’empreinte de leurs interprètes successifs.

Le spectacle, présenté dans une baraque nommée castelet ou dans un restaurant après dîner, avec des costumes bigarrés et des décors pittoresques, fut longtemps subversif comme celui des chansonniers. Aussi, l’administration municipale ordonna-t-elle que les textes lui fussent soumis pour censure éventuelle avant exécution. Grâce à cette exigence – sûrement jugée contraignante à l’époque – des dizaines de scènes du dix-neuvième siècle sont parvenues jusqu’à nous.

Claude Koch

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