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Les dictées, les commentaires...
Bordeaux, samedi 5 juin 2004 Un fameux nez |
Sans conteste - cette locution adverbiale, dont la forme est figée au singulier, signifie indiscutablement, assurément…
Battus - du verbe battre, dans le sens de « parcourir en explorant minutieusement » ; les sentiers battus sont ceux que tout le monde connaît ; ce sont donc, au sens figuré, des banalités, des lieux communs.
Quant à - locution prépositive venant du latin quantum = autant que, et ad = vers ; signifie « pour ce qui est de… » ; le t vient du latin, bien sûr.
Œuvre - ne pas oublier la ligature œ.
Laissée - participe passé conjugué avec l’auxiliaire avoir ; l’accord se fait avec le complément d’objet direct placé avant le verbe ; il nous a laissé quoi ? Qu’, mis pour œuvre = féminin.
Voire - on ne confondra pas cet adverbe, issu du latin vera, de verus = vrai, et son homophone, le verbe voir ; à noter que voire signifiant même, le tour voire même est pléonastique.
Époustouflante - ne prend qu’un seul f ; c’est par assimilation fautive à souffler que l’on a tendance à mettre deux f à cet adjectif, qui signifie « surprendre par quelque chose d’insolite, de tapageur ».
Intérêt - vient du latin interest = il importe ; l’accent circonflexe est un vestige du s latin qui a disparu.
Quoi qu’il - on ne confondra pas la locution quoi que, en deux mots, qui signifie « quelle que soit la chose que… », et la conjonction quoique, en un seul mot, qui indique la concession et équivaut à encore que, bien que.
Quoi qu’il fît - le sens hypothétique de quoi que implique l’emploi du subjonctif ; ici, c’est l’imparfait du subjonctif, caractérisé par l’accent circonflexe sur la dernière voyelle.
Où qu’il fût - toujours le sens hypothétique et l’imparfait du subjonctif.
Cet - l’adjectif démonstratif masculin singulier ce se transforme en cet par souci euphonique devant une voyelle ou un h muet.
Homme-là - l’adverbe là, postposé à un nom et en corrélation avec le démonstratif ce (cet, cette, ces), se lie à ce nom par un trait d’union.
Plaçait - le son ss de l’infinitif placer est impossible devant un a, un o ou un u ; ici, on l’a obtenu par une cédille.
Au-dessus - les locutions adverbiales composées avec au prennent toujours un trait d’union, contrairement aux locutions adverbiales composées avec en.
Sûr - on se méfiera de la série des homophones sur : le préfixe sur, la préposition sur (sur quelque chose), l’adjectif sur (acide), l’adjectif sûr (certain) et l’autre adjectif sûr (en qui on peut avoir confiance) ; ils se distinguent par l’accent circonflexe.
Dut - il s’agit du passé simple du verbe devoir ; ne pas le confondre avec dût, qui est l’imparfait du subjonctif.
Payer - infinitif ; rappelons que lorsqu’on hésite entre infinitif et passé composé, il faut remplacer le verbe du premier groupe par un verbe d’un autre groupe ; ici, en remplaçant payer par rendre, on voit bien qu’il faut un infinitif.
Eût voulu - il s’agit ici du conditionnel (il aurait bien voulu…) au passé deuxième forme, qui s’écrit toujours comme le plus-que-parfait du subjonctif ; d’où l’accent circonflexe sur le u de eût.
Dès lors - locution prépositive qui a ici une valeur temporelle : « à partir de ce moment-là ».
Allégeance - obligation de fidélité et d’obéissance ; vient de l’ancien français lijance avec un j ! C’est après un passage par l’anglais (allegiance) que ce mot nous est revenu avec sa nouvelle orthographe.
Caducs - caduc vient du latin cadere = tomber ; il fait caduque au féminin.
Précédé - ils avaient précédé quoi (ou qui) ? L’, mis pour il désignant Cyrano ; le participe passé est donc au masculin singulier.
Abhorrait - du latin abhorrere = avoir en horreur ; d’où le h et les deux r, comme dans horreur.
Jugeât - ici encore, le ton est hypothétique, d’où le subjonctif à l’imparfait, marqué par l’accent circonflexe sur la dernière voyelle.
Connaître - du latin co(g)noscere ; l’accent circonflexe est un vestige du s latin ; les instigateurs de la réforme de l’orthographe de 1990 acceptent connaitre sans accent.
Une de ses passions - l’accord de passion se fait avec ses, et non pas avec une, comme on le voit de plus en plus souvent.
Plagiat - du grec plagios = oblique, fourbe ; synonyme de copie, emprunt.
S’engouait - à l’origine, le verbe s’engouer signifiait « s’obstruer le gosier », construit sur le radical goue = gueule ; aujourd’hui, il signifie « se prendre soudain d’un goût immodéré pour quelqu’un ou quelque chose ».
Fantasmatique - « qui produit des fantasmes » ; on ne retrouve pas dans l’adjectif la double orthographe de fantasme ou phantasme.
L’ont-elles - l’inversion du sujet (elles) implique le trait d’union avec le verbe.
Guidé - ont guidé qui (ou quoi) ? L’ mis pour il, c’est-à-dire Cyrano.
Chemins de traverse - il ne s’agit pas de chemins faits avec des traverses, comme le chemin de fer, mais de chemins qui ne suivent pas les grandes routes habituelles ; traverse, n.f., reste ici au singulier, l’expression étant figée.
Prompt - ni le p ni le t ne se prononcent au masculin ; cet adjectif vient du latin promptus ; se dit d’une personne qui agit rapidement.
S’enflammer - voir ci-dessus payer ; infinitif, avec deux m.
Entraînait - vient de traîner et du latin tragere, traginare ; l’accent circonflexe est un vestige des lettres disparues ; ici encore, le réformateur de 1990 a accepté la disparition de l’accent.
Attraction - du latin attractio, de attrahere = tirer à soi ; d’où les deux t.
Gravitationnelle - on remarquera que les mots en ion ne redoublent pas le n devant le suffixe al, mais le redoublent devant el… sauf exceptions !
Apesanteur - à côté du verbe appesantir = devenir plus lourd, qui a deux p puisqu’il est construit à partir du préfixe latin ad (idée de rapprochement) et du verbe latin pesare = peser, on trouve ici pesanteur, avec le préfixe privatif a ; d’où un seul p.
Photons - le photon (du grec phôtos = lumière) est le grain d’énergie lumineuse qui se propage dans le vide à la vitesse de 300 000 km/s ; le mot n’existait pas du temps de Cyrano, mais c’est le phénomène qu’utilisa ce dernier pour imaginer sa propulsion vers la Lune.
Par surcroît - le déverbal du verbe surcroître a donné naissance à la locution adverbiale par surcroît (dite souvent de surcroît), synonyme de « en outre, en plus » ; le réformateur de 1990 accepte l’absence d’accent circonflexe sur le î final.
Cru - s’accorde avec l’ mis pour il : masculin singulier ; on ne confondra pas ce participe passé du verbe croire avec celui du verbe croître, crû, lequel prend l’accent circonflexe, mais seulement au masculin singulier.
Arrogant - comme il n’y a pas de verbe arroguer, on ne peut pas confondre l’adjectif (g,a,n,t) et un éventuel participe présent, qui s’écrirait g,u,a,n,t ; ce mot vient du latin arrogare, avec deux r = revendiquer.
Humble - on retrouve l’orthographe de ce mot dans humilité, qui vient du latin humilis = près de la terre (humus).
Rôle - vient du latin rota = rouleau, qui désignait un catalogue, une liste ; l’accent circonflexe, qui affecte la prononciation, n’a pas été enlevé par la réforme de 1990.
Joli cœur - obtenue à partir de « faire le joli cœur », cette expression substantivée ne prend pas de trait d’union.
Seyait - il s’agit du verbe seoir = convenir, verbe défectif qui ne se conjugue qu’aux troisièmes personnes de certains temps ; ici, nous sommes à l’imparfait.
Certes - du latin populaire certas (d’où le s) ; exprime ou renforce une affirmation.
Respect - du latin respectus, d’où le c et le t que l’on entend encore dans respectueux par exemple.
Gent - issu du latin gentem, dérivé de gens = race, famille, peuple, ce nom féminin était le singulier de gens (les gens = personnes en nombre indéterminé) ; il signifie aujourd’hui « nation, peuple » ou encore « race, espèce » et est souvent ironique ; c’est l’objet d’un combat de puristes pour sa prononciation ; pour les uns, c’est jan, pour les autres jante.
Mâles - du latin masculus, qu’on retrouve dans masculin ; l’accent circonflexe est un vestige des lettres disparues.
Bretteur - la brette était une épée bretonne, longue et étroite ; le bretteur est celui qui aime se battre à l’épée, ferrailler.
Fut - dans les prépositions marquant l’opposition, pour… que veut normalement le subjonctif (« Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes », Corneille, Le Cid) ; toutefois, pour indiquer plus fortement la réalité du fait, certains emploient l’indicatif ; on admettra donc aussi bien fut que fût.
Syphilis - le nom de cette maladie - vénérienne, le plus souvent - vient du nom du berger Syphilus dans les Métamorphoses d’Ovide.
L’eurent emporté - nous sommes ici au passé antérieur, troisième personne du pluriel puisqu’il y a deux sujets : syphilis et grave accident.
Qu’il fut - le fait étant avéré, c’est le passé simple qui s’impose, et non l’imparfait du subjonctif ; donc pas d’accent circonflexe sur le u.
Précurseur - vient du latin præcursor = éclaireur ; le précurseur est celui qui annonce des idées, des actions, un mouvement qui suivront dans le temps.
Épistolier - personne qui écrit de nombreuses lettres ayant un caractère littéraire ; Mme de Sévigné est une épistolière célèbre ; notons l’existence de l’adjectif épistolaire – du latin épistolaris, qui a aussi donné épître -, qualifiant ce qui concerne les lettres, la correspondance ; « être en relation épistolaire avec quelqu’un ».
Pamphlétaire - le pamphlétaire écrit des pamphlets = brochures courtes et satiriques, écrits qui attaquent violemment les institutions, le régime, la religion ou les hommes célèbres ; pamphlet vient d’Angleterre (1653) et est l’altération de Pamphilet, nom d’une comédie en vers latins du XIIe siècle.
Sciences - de divers mots latins dérivés de scire = savoir.
Il n’eût - la place de Cyrano dans l’histoire a été subordonnée à un fait survenu ultérieurement ; cette place était donc hypothétique du vivant de Cyrano ; nous sommes ici au conditionnel passé du verbe trouver (il n’aurait jamais trouvé), et à la deuxième forme, qui s’écrit comme le plus-que-parfait du subjonctif, caractérisé par l’accent circonflexe sur la dernière voyelle û.
Histoire - quand ils parlent de la partie de la vie de l’humanité ou d’un peuple, connue par des documents écrits, certains auteurs ont tendance à mettre une majuscule à histoire ; c’est une faute.
Hasard - de l’arabe az-zahr = dé ; pourtant, c’est bien un s qu’il faut entre les deux a.
Exhumé - vient du latin ex qui exprime la sortie, l’extraction, et humus = terre ; exhumer, c’est littéralement « sortir de terre », le contraire d’inhumer ; aujourd’hui, exhumer c’est, au sens figuré, « sortir de l’oubli ».
Dithyrambique - le dithyrambe était, dans l’Antiquité, un chant liturgique en faveur de Dionysos (Bacchus à Rome) ; aujourd’hui, ce sont des louanges enthousiastes et le plus souvent démesurées, exagérées.
Rostand - il s’agit bien sûr d’Edmond Rostand, auteur, entre autres pièces célèbres, de Cyrano de Bergerac, de l’Aiglon ou de Chantecler ; on se souviendra ici que Cyrano de Bergerac avait un grand nez, dont Rostand a pris prétexte pour la célèbre tirade de sa pièce, dite « tirade des nez ».